L’opéra, une culture d’élite

Au début du XIXème siècle, la plupart des salles de concert s’adressaient à un publique très varié. Les compositeurs et les producteurs d’opéras en tout genres dans tous les pays s’attendaient à ce que leur public soit composé d’une élite fortunée, de connaisseurs instruits, de musiciens amateurs, et du grand public. Les librettistes et les compositeurs du Barbier de Séville, Norma, Lucia de Lammermoor, Les Huguenots et de Der Freischütz ont cherché à inclure dans leurs œuvres des éléments pouvant plaire à toutes les catégories de public. Au milieu du XIXème siècle, ces œuvres faisaient partie avec d’autre d’un répertoire d’opéra joué et rejoué. À la fin du XIXème siècle et au début du XXème siècle, la création d’opéras nouveaux était devenue assez rare et le répertoire standard dominait la scène internationale. Au fil du temps, les œuvres qui ont perduré et l’opéra en lui-même devint une musique d’élite. Il n’y a peut-être qu’en Italie – où une partie du publique fredonnait toujours sur ses airs et ses chœurs favoris – que l’opéra a gardé un pied dans le monde de la musique populaire. Si les vaudevilles, les pantomimes, les comédies musicales les minstrel shows et bien d’autres formes de théâtre musical léger de cette époque furent presque totalement oubliés, leurs descendants : théâtres de variété, cabarets, comédies musicales et autres constituent une part vitale de la vie musicale encore aujourd’hui.

De nos jours, l’opéra est une forme d’art très chère qui dépend de supports publics et de riches donateurs privés. Il attire des fans dévoués de toutes classes sociales, mais l’assistance à un opéra sert toujours à affirmer un certain statut social. Une grand partie des auditeurs connaissaient premièrement à travers les enregistrements et les diffusions radios et télévisés. Ces dernières années, les spectacles de l’Opéra de Paris à l’instar de ceux du New-York Metropolitan Opera sont diffusés en mondovision dans les salles de cinéma. Partout où les opéras sont joués, la plupart du répertoire joué est tiré du répertoire romantique, éclipsant les périodes précédentes. Les compositeurs étudiés dans ces chapitres y sont largement représentés.