La Russie

Après s’être répandu à travers l’Europe occidentale au XVIIème siècle jusqu’à atteindre le nouveau monde au début du XVIIIème, l’opéra arrive finalement en Russie en 1731, avec une représentation à Moscou d’une troupe italienne en tournée. Cinq ans plus tard, une troupe permanente d’opéra fut formée à la court impériale de Saint Petersburg et en 1755 le premier Opéra Russe fut créé, basé sur le modèle de l’opéra italien. Après 1770, des troupes françaises et allemandes amenèrent également l’opéra comique et le Singspiel en Russie, inspirant un nouveau genre d’opéra comique en Russie, avec un mélange similaire d’intrigues tirées de la vie quotidienne, des dialogues parlées et des emprunts de mélodies populaires mêlées à des airs nouvellement composées.

Le nationalisme Russe

Lorsque le nationalisme commença à influencer les artistes russes, l’opéra se montra précieux comme un genre dans lequel une identité Russe distinctive pouvait être proclamée à travers les thèmes, les histoires, les décors, les costumes et la musique. Tandis que le nationalisme poussait à l’unification de l’Allemagne et de l’Italie et pour des luttes pour la libération dans l’empire d’Autriche-Hongrie. En Russie, il le nationalisme était avant tout un outils de propagande pour un pouvoir absolu sous l’autorité du Tsar.

Mikhail Glinka

Le premier compositeur Russe à obtenir une reconnaissance tant en Russie et à l’international comme l’égal de ses contemporains occidentaux fut Mikhail Glinka (1804-1857). (voir portrait en tête de page) 

Il établit sa réputation en 1836 avec le drame historique patriotique et pro-gouvernemental Une vie pour le Tsar, le premier Opéra Russe entièrement chanté avec une intrigue centrée sur un paysan qui sacrifie sa vie pour la Tsar des envahisseurs polonais. Glinka s’inspira des grandes traditions opératiques occidentales, joignant la mélodie à l’italienne, le sens français du drame et du spectacle et l’art allemand du contrepoint et l’idéalisation de la vie et de la culture rurale.

Une partie de l’écriture mélodique à un caractère Ruse bien distinct, attribué à des échelles modales, des citations et des paraphrases de chants populaires et un langage proche du folklore. Les polonais sont décrits à travers des rythmes de danses polonaises, créant un contraste de stylistique fort qui renforce l’opposition nationaliste de l’argument. Le second opéra de Glinka, Rousslan et Ludmilla (1842) est basé sur un poème du grand poète Russe, Aleksander Pouchkine (1799-1837). La présence de magie et de surnaturel justifie l’utilisation imaginative de chromatisme, de dissonances, et de la gamme par tons pour décrire les personnages surnaturels, ce qui fut à la base d’une tradition Russe qui perdurera jusqu’à Rimski-Korsakov et Stravinsky.

Glinka est particulièrement apprécié en occident pour la couleur Russe de ses opéras, qui satisfont le goût occidental pour le familier et l’exotisme. Mais il était plus important pour ses compatriotes pour avoir donné à la Russie une place dans le monde musical international. Les opéras russes qui l’avaient précédés étaient joués en Russie et beaucoup empruntaient au style folklorique Russe, mais ils ne pouvaient pas représenter la Russie sur les scènes internationales car ils n’aspiraient pas au même niveau musical et dramatique que les opéras occidentaux. Les opéras de Glinka le pouvaient car ils incorporaient le meilleur de l’art occidental à une saveur Russe particulière, traitant les paysans comme des personnages héroïques à part entière. La musique qui leur est associée et à qualité égale de celle des autres personnages. Ce paradoxe est caractéristique de la réception de la musique Russe : le publique étranger et les critiques louent ce qu’ils reconnaissaient comme des éléments nationaux par dessus tout autre caractéristique, ce qui n’est souvent pas ce que le compositeur lui-même, ni ce qui est apprécié dans son pays.