Dans l’oreille de Max Richter

D’après Huizenga, Tom « What’s composer Max Richter listening to? Pretty much everything » NPR 5 Avril 2017 et Graham, Jane « Max Richter « I don’t like music as a manifesto or a lecture » The Big Issue 17 Avril 2017

Si la musique de Max Richter parle à un public aussi large, c’est à la foi à grace à son language musical extrêmement épuré, très simple à comprendre, mais aussi en raison de sa position assumée d’intégrer à sa musique des influences venues de la pop, du rock et de la musique électronique (il voudrait même que l’on arrête de parler de musique classique). Si le grand public n’est plus familier des grands classiques, le rock, la pop et l’électro dont s’inspire Max Richter le sont beaucoup plus. Pour autant, le compositeur de renie pas sa formation de compositeur classique.

 «Avant, j’écrivait une musique incroyablement complexe, dans la tradition de Ferneyhough et James Dillon. La complexité était un synonyme de bien et d’intéressant. Finalement, le vent a tourné. Aujourd’hui, nous avons une culture musicale qui est plus hybride, plus inclusive et beaucoup plus ouverte aux influences et aux possibilités venant d’ailleur. Pour autant, ça ne veut pas dire que la musique classique contemporaine soit de la mauvaise musique. C’est juste que pendant longtemps il n’y avait qu’une seule possibilité alors qu’aujourd’hui nous avons découvert un espace esthétique plus généreux, ce qui est super. »

Pour le magazine The Big Issue, il a choisi cinq pièces de musique classique à découvrir:

Max Richter a fait une sélection de ses musiques préférés pour la radio nationale américaine.

Bach Actus Tragicus BWV 106 Sinfonia (à 21:55)

Low What part of me

Xenakis Jonchaies 1977.

« J’ai été obsédé par Xénakis dès la première fois que je l’ai entendu. Je pense que c’est un visionnaire. Son approche de la composition revient à faire de la musique comme s’il n’y avait jamais eu de musique avant. C’était un innovateur. Il invente quelque chose à partir de rien, comme John Cage. C’est très plaisant. Jonchaies est une pièce de l’âge d’or de Xénakis »

« Wasserklavier résume très bien la musicalité de Luciano Berio. Il y mêle une perspective rigoureusement moderne à un regard sur l’histoire de la musique. Il ya quelque chose de très inclusif dans son écriture. Cette miniature pour piano emprunte à Brahms et Schubert (…) Il y a vraiment une harmonie assumée comme si l’harmonie était une bonne chose. C’était très courageux, l’on repense à ce qui se passait musicalement en 1965, il allait complètement à contre-courant »

« Cette musique rappelle les premiers minimalistes, certaines pièces pour plusieur claviers de Terry Riley comme Shri Camel. »